BIENVENUE AU RUCHER ECOLE DE SIERENTZ
BIENVENUE AU RUCHER ECOLE DE SIERENTZ

Aethina tumida

     Nous n'avions pas assez de soucis avec Varroa destructor, voici maintenant que le petit coléoptère des ruches s'invite en Europe du Sud, en Calabre (Italie) pour être précis.

 

     L'introduction du petit coléoptère de la ruche, Aethina tumida, a été annoncée et confirmée au mois de septembre dernier chez nos voisins italiens. La proximité géographique, la libre circulation des biens et des personnes ainsi que l'importance des échanges apicoles (achats, transhumance) et commerciaux entre notre deux pays, font craindre une atteinte future de notre territoire.

 

     Afin de nous préparer au mieux à dépister sa présence et le cas échéant à lutter contre ce nouvel ennemi des abeilles, il nous paraît important de faire le point sur l'état actuel des connaissances sur ce ravageur, qualifié aussi de parasite exotique.

 

Historique

Répartition géographique

 

     Le petit coléoptère de la ruche (PCR, abréviation usitée au Québec), aussi appelé en anglais Small Hive Beetle (SBH) appartient à la famille des Nitidulidés. Il a été identifé en 1867 au Nigéria et trouvé pour la première fois dans des ruches en Afrique du Sud au début du xxe siècle. Il est considéré comme endémique en Afrique subsaharienne.

 

     Les colonies d'abeilles africaines ont développé des mécanismes de défense et il ne représente pour elles qu'un problème mineur : il n'occasionne de dégâts qu'aux colonies faibles et aux cadres stockés hors des ruches, de manière comparable à la fausse teigne en France.

 

     La première apparition hors de son territoire originel est mentionnée en Floride en 1998 puis en Caroline du Sud et Géorgie la même année, probablement suite à une importation de fruits. Depuis il s'est propagé et bien établi essentiellement dans les états du Sud Est mais il est maintenant présent sur une grande partie du territoire américain. Il a aussi été introduit dans différents pays comme l'Egypte (2000), l'Australie (2002), le Canada (2002), le Mexique (2007), dans l'archipel d'Hawaï (2010). En Europe une première introduction a été identifiée en 2004 au Portugal, suite à l'importation de reines du Texas, mais les meusres d'éradication ont été immédiates et efficaces, la deuxième alerte concerne l'Italie (première notification le 5 septembre 2014) où le coléoptère a été détecté dans un nombre important de ruchers (53 en date du 10 septembre 2014, dont 1 en Sicile)

situés dans la zone de protection d'un rayon de 20 km autour des divers foyers, avec dans certains cas présence de larves dans les ruches et dans un cas de nymphes dans le sol.

 

     Lorsqu'il arrive dans un pays, l'extension à tout le territoire n'est pas systématique : les mesures de police sanitaire permettent parfois de l'éradiquer avant qu'il ne s'étende, comme cela s'est produit au Portugal mais aussi au Canada, à plusieurs reprises. Dans certains cas son extension est limitée à une partie du territoire (quatre états en Australie, quelques zones au Canada) sans doute en raison de conditions climatiques défavorables à son développement. Mais il faut malgré cela retenir qu'une fois introduit dans une région, il devient généralement impossible de s'en débarrasser : notamment en raison de ses facultés de vol et du fait qu'il n'est pas un parasite totalement obligatoire des ruches.

De plus il est particulièrement adapté aux climats chauds : son installation est plus aisée et donc plus préoccupante dans les zones bénéficiant de telles conditions, comme cela s'est produit en Floride.

 

Conduite à tenir

 

     L'infestation de A. tumida est classée en France Danger Sanitaire de première catégorie :

 

Toute détection doit faire obligatoirement l'objet d'une déclaration aux Services Vétérinaires de la DD(CS)PP.

 

     Dans un premier temps les méthodes de lutte visent à l'éradictation du petit coléoptère avant qu'il ne s'installe. Elles correspondent aux mesures décrites dans la police sanitaire : elles se traduisent par  une destruction totale des ruchers contaminés, à laquelle peut être adjoint un traitement mécanique et éventuellement chimique du sol, afin de tuer les nymphes qui y sont enfouies.

 

     Par la suite, si le ravageur est installé dans une région, la lutte a pour objectif, exactement comme pour le varroa, de maintenir le niveau d'infestation à un seuil tolérable pour les colonies et pour l'apiculture en général.

 

     Il s'agit de lutte intégrée faisant appel à différentes techniques, et le recours aux insecticides, dans ou hors de la ruche, lorsqu'il est autorisé, n'est utilisé qu'en dernier ressort et seulement si la population de coléoptères est très importante (les substances concernées ne sont actuellement pas autorisées en apiculture en France)

 

Respect de la règlementation

 

     Il est important de connaître et de respecter la règlementation concernant les importations et la transhumance pour prévenir l'introduction d'agents pathogènes exotiques dans un territoire indemne ou de permettre leur éradication rapide en cas d'introduction accidentelle.

     La déclaration de détention de ruches et d'emplacement de rucher est aussi vraiment indispensable pour pouvoir mener à bien toute action sanitaire en cas d'introduction du petit coléoptère dans une région donnée. En effet, seule une connaissance exhaustive de tous les ruchers de la région concernée permet d'effectuer la visite de toutes les colonies situées dans le périmètre de protection et d'informer les apiculteurs sur les mesures de police sanitaire en vigueur.

 

Conduite du rucher

 

     La vitalité des colonies est un élément primordial pour la défense contre le petit coléoptère. Des cas d'infestation fatale de colonies fortes ont bien été rapportées, mais les apiculteurs qui ont dû apprendre à cohabiter avec ce nouvel ennemi des abeilles, s'accordent pour dire que l'impact est limité dès lors que les colonies sont conduites de manière à être fortes et dynamiques. Ce qui est vrai pour les maladies se confirme aussi pour la lutte contre ce ravageur.

 

     Il faut donc veiller notamment à conserver dans les colonies des reines jeunes et à éliminer les colonies faibles.

 

     Il faut éviter de poser des hausses sur des colonies insuffisamment fortes ou populeuses, qui risquent de laisser les rayons sans surveillance et permettre ainsi au petit coléoptère de s'installer et de se reproduire sans contrôle.

 

     La vigilance vis-à-vis des maladies du couvain doit être renforcée : en effet les colonies qui en souffrent sont nécessairement affaiblies et, de plus, les larves ou nymphes mortes représentent un attrait supplémentaire pur A. tumida.

 

     Il convient également de prêter une attention particulière aux nucléi, ruchettes d'élevage et essaims nouvellement constitués, qui peuvent être plus vulnérables ainsi qu'aux ruches partitionnées qui offrent un abri sans surveillance des abeilles.

 

     Le coléoptère étant particulièrement attiré par le pollen, il est souhaitable de ne pas laisser les trappes à pollen en place trop longtemps et de ne donner les suppléments polliniques qu'au sein de la grappe.

 

Des informations fraîches ici :

 

 

Source : Santé de l'Abeille n° 264

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