BIENVENUE AU RUCHER ECOLE DE SIERENTZ
BIENVENUE AU RUCHER ECOLE DE SIERENTZ

QUI REMPLACERA LES ABEILLES DOMESTIQUES ?

     Pour parer à la menace que fait aujourd'hui peser sur l'agriculture la disparition des abeilles, des chercheurs tentent de domestiquer de nouveaux pollinisateurs.

 

      Pénurie d'abeilles en vue ! Le nombre de leurs colonies, ces maillons indispensables qui contribuent à la production de 75% des plantes cultivées dans le monde, n'augmente plus assez vite pour faire face à des besoins croissants.

Entre 1961 et 2007, la surface des cultures entomophiles(pollinisées par des insectes) a en effet bondi de 300% dans le monde alors que les colonies n'ont augmenté que de 45%.

Plus grave, dans certaines régions du globe, l'abeille domestique (Apis mellifera) périclite, victime à la fois des pesticides et des maladies. En France, les apiculteurs professionnels perdent 20 à 30% de leurs colonies chaque hiver depuis 2007. Dès lors, comment remplacer le travail de ces abeilles domestiques disparues ? Et qui pollinisera demain les champs et les vergers toujours plus nombreux ?

     Face au constat glaçant des ruches décimées, certains chercheurs et agriculteurs focalisent aujourd'hui leur attention sur des pollinisateurs alternatifs.

En effet, il existe dans la nature une multitude d'autres insectes qui volent d'une fleur à l'autre pour récolter du nectar, déposant involontairement des grains de pollen sur les pistils (organes femelles des fleurs). Ce qui favorise a transformation des fleurs en fruits et en graines.

Des papillons, quelques coléoptères, certaines guêpes ou mouches.......mais surtout des milliers d'espèces d'abeilles sauvages (il en existe 2000 en Europe), comme les osmies. Ces espèces sauvages sont en fait de véritables championnes de la pollinisation. En effet, selon une étude internationale menée sur 41 systèmes de culture dans le monde, coordonnées par Lucas Garibaldi (université Rio Negro Argentine) et publiée en 2013, à nombre de fleurs visitées égal, ces insectes sont deux fois plus efficaces que l'abeille domestique pour induire la formation de fruits.

     Pourquoi ? Parce qu'elles sont souvent plus petites, avec des poils plus nombreux et que certaines descendent plus profondément au coeur des fleurs.

     Comparée à celle des abeilles sauvages, la piètre performance d'Apis mellifera n'est pas illogique : comme son nom l'indique, l'abeille mellifère a été sélectionnée et domestiquée depuis plus de quatre mille ans pour sa capacité à produiredu miel et non à polliniser.

Les agriculteurs ont seulement ensuite réalisé que la proximité augmentait les rendements de certaines cultures. Ils ont alors, avec l'intensification de l'agriculture (au début du XXe siècle aux Etats Unis et dans les années 1950-1960 en France), commencé à installer des ruches dans les vergers et les champs. Au point de reléguer au second plan et parfois même d'oublier les autres pollinisateurs...........avant de mesurer tout récemment que d'autres insectes sont en réalité beaucoup plus efficaces.

      Même s'il ne s'agit pas de remplacer totalement Apis mellifera, qui reste actuellement la plus répandue autour de certaines cultures, mais plutôt de compléter son travail, l'utilisation de nouveaux pollinisateurs n'est plus une utopie.

D'autant que, si ces insectes sauvages sont aussi sensibles aux pesticides (dont les néonicotinoides, qui les désorientent à faible dose et les tuent à forte dose), ils sont, en revanche, beaucoup moins touchés par les maladies qui affectent les abeilles domestiques.

 

UN PREMIER TEST CONCLUANT

 

Leur force pour résister aux infections ? Ne pas souffrir commes les abeilles de la promiscuité des ruches et posséder une plus grande diversité génétique.

Aujourd'hui, l'une des stratégies consiste donc à repérer les insectes les plus performants et les plus résistants.......et à les installer aux abords des cultures qui leur sont les mieux adaptées. Une forme de domestication partielle.

      C'est le cas dans la vallée centrale de Californie, où 320 000 HA d'amandiers fournissent 80% de la production mondiale de ce fruit à coque. Chaque année, en février, alors que les arbres se couvrent de fleurs, 1,6 millions de ruches affluent de tout le pays. Sans elles, le rendement serait divisé par 70.

Aujourd'hui le cheptel américain n'y suffit plus et la pénurie de ruches commence à se faire cruellement sentir : en 2013 il a même fallu importer des colonies d'Australie !!

 

       L'entomologiste Thérésa Pitts-Singer (Université d'Etat de l'Utah) tente donc de développer l'usage d'une abeille sauvage, Osmia lignaria, pour suppléer les colonies d'abeilles mellifères. Des nichoirs artificiels, comme des tubes en PVC contenant des pailles en carton, disposées dans l'exploitation, permettent ainsi d'augmenter localement la population de cette abeille solitaire.

Mais quand celle ci a complètement disparu de l'agro-système, comme c'est le cas en Californie, il faut au préalable l'élever en laboratoire.

L'opération est assez simple, car Osmia lignaria n'est pas agressive ni sujette aux maladies qui déciment les colonies. La difficulté vient ensuite : au moment de la relâcher en masse pendant la floraison. Le tempo doit alors être extrêmement précis, car si les abeilles sortent trop tôt, elles n'ont rien à manger et meurent ; si elles sont relâchées trop tard, une partie de la production est perdue.

D'où l'importance de bien connaître leur cycle de développement, qui sera ralenti ou accéléré en ajustant la température.

Autre défi : faire en sorte que le maximum d'insectes s'établissent et se reproduisent dans le verger. Ainsi les pontes déposées dans les nichoirs seront facilement récupérées et stockées jusqu'à l'année suivante.

Or, pour le moment, la moitié des femelles vont nicher en dehors du verger. "Nous allons tester un spray attractif pour les attirer vers les nichoirs" annonce Thérésa Pitts-Singer.

 

      Pour l'heure, l'introduction d'osmies a été tentée à petite échelle. "Dans les zones où nous les avons relâchées, le nombre d'amandes produites augmente par rapport aux zones où il n'y a que des abeilles domestiques" explique Derek Artz, qui collabore au projet américain. "En disposant des nichoirs à intervalles réguliers dans le verger, en plus des ruches placées à la périphérie, nous pensons que le rendement sera plus uniforme sur l'ensemble du verger", ajoute Thérésa Pitts-Singer.

 

      Mais la grande efficacité des abeilles sauvages a aussi ses limites : leur spécialisation sur un ou quelques types de plantes, à la différence des abeilles domestiques, oblige à réaliser un travail de sélection et de semi-domestication pour chaque type de cultures. Pour chaque candidate, il faut étudier le cycle de développement, les maladies, concevoir les nichoirs adaptés, tester la densité d'insectes nécessaires à une pollinisation optimale......

      Cette stratégie est donc encore très peu utilisée. Et les programmes de recherches encore rares : ce travail n'a été réellement effectuéque pour une poignée d'espèces, dont une mouche - Lucilia sericata - commercialisée pour la production de semences de légumes, ou le bourdon terrestre, Bombus terrestris.

Mais gare aux solutions miracles que l'on voudrait exporter. Ainsi Bombus terrestris, originaire d'Europe, aprés avoir été introduit en Patagonie pour y polliniser les avocatiers, est il devenu là bas un invasif qui élimine les espèces de bourdons locales. "Il est aujourd'hui si abondant qu'il abîme les fleurs, ce qui a diminué les rendements" ajoute le chercheur argentin Marcelo Aizen (université nationale de Comahue)

 

 

 

UNE INDISPENSABLE DIVERSITE

 

      C'est donc certain, pour regonfler les rangs des pollinisateurs, la stratégie de la semi-domestication ne suffira pas. Les scientifiques le savent parfaitement : "Les agriculteurs ont tout intérêt à favoriser localement la variété et la bonne santé des pollinisateurs sauvages" indique Tom Breeze (universite de Reading, Royaume-Uni).

Leur ennemi principal, c'est la perte de leur habitat. Au point que ces pollinisateurs sont très peu présents dans les grandes monocultures.

De plus, les populations d'abeilles auvages subissent naturellement d'importantes fluctuations. La solution pour limiter les mauvaises années : leur garantir le gîte et le couvert en optimisant leur environnement.

Ainsi, croître et multiplier à proximité des champs, ces abeilles majoritairement solitaires doivent y trouver des tiges creuses ou des sols nus pour creuser des terriers. Et elles doivent aussi trouver des fleurs à butiner en dehors de la courte période de floraison des monocultures.

Enfin, il faut aussi veiller à leur éviter l'influence néfaste des pesticides. "Plus le paysage est diversifié, plus les espèces ont des chances de trouver ces trois conditions dans leur rayon d'action. Rayon qui varie de 150 mètres pour les abeilles les plus petites, à quelques kilomètres pour les bourdons", explique Serge Gadoum, spécialiste des abeilles sauvages à l'Office pour les insectes et leur environnement, à Guyancourt.

     Varier les cultures dans l'espace et dans le temps, planter des bandes fleuries autour des champs en privilégiant les plantes autochtones, préserver en milieu agricole quelques lopins de milieux semi-naturels (haies, bosquets, talus), utiliser moins de pesticides......Il s'agit d'une stratégie indispensable pour sauver le rendement des plantes entomophiles.

Autrement dit, il faut accepter de revenir en partie sur l'intensification de l'agriculture qui a permis d'augmenter la production agricole ces soixante dernières années.

 

      Irréaliste ? Très pragmatique au contraire. Dans une étude, Nicolas Deguines (Muséum national d'histoire naturelle, à Paris) montre que l'intensification de l'agriculture n'a pas eu l'effet escompté sur les rendements des plantes les plus dépendantes des pollinisateurs, telles que les courgettes, les courges, les melons, les kiwis, les pommes ou les poires. Au contraire ! Elle les rendus moins stables dans le temps.

De manière contre-intuitive, revenir sur l'intensification pourrait donc garantir la stabilité des rendements, tout au moins pour ces cultures.

"De nombreux exemples font état d'une augmentation des rendements lorsqu'une diversite de pollinisateurs est préservée" renchérit Marcelo Aizen. En effet, les insectes diffèrent par leurs préférences thermiques, leur comportement..........

Ainsi les abeilles domestiques ne butinent que le haut des fleurs des fraisiers, alors que les abeilles sauvages (des familles Andrenidae, Halictidae et Megachilidae), plus petites, se déplacent jusqu'au fond de la fleur. Résultat : l'absence d'un des deux groupes entraîne une fécondation incomplète et des fruits mal formés.

Dans certaines cultures, la synergie va au-delà d'un simpe effet additif : la présence d'abeilles sauvages rend plus efficaces les abeilles domestiques. C'est le cas de la production des semences hybrides, pour laquelle on plante en alternance des rangées de plants mâles et femelles. "Par leur trajectoire erratique, les abeilles sauvages forcent les abeilles domestiques à changer de rangées plus fréquemment, ce qui favorise le transfert de pollen des plants mâles aux plants femelles" explique Nicolas Cerruti, chargé d'études au Centre technique interprofessionnel des oléagineux et du chanvre.

Face à la grande pénurie qui menace certaines régions du globe, dont plusieurs pays européens, rien n'est donc encore perdu et des actions efficaces sont encore possibles..... A condition de sauvegarder la biodiversité. "En définitive, c'est l'économie et les politiques agricoles actuelles qui façonneront notre capital de pollinisation à venir", conclut William Kemp (service de recherche agricole, Etats Unis).

 

      Dans la décennie qui vient, nos choix détermineront si nous devrons remplacer ce service de la nature par des robots-abeilles, avec tous les défis que cela comporte. Ou recourir massivement à la main- d'oeuvre, comme dans certains vergers chinois.

 

      Une chose est sûre : si on veut continuer à manger des pommes de terre, des tomates, de la moutarde ou des cerises, il y a urgence à trouver des solutions.

 

Texte de Véronique Etienne

(Sciences et techniques)

 

                REFLEXION PERSONNELLE

 

 

 

      Je ne me suis pas contenté d'un copier-coller, j'ai recopié ce texte mot à mot après l'avoir lu et relu parce qu'il m'interpelle............et il tend vers une profonde remise en cause de notre espèce, je parle de nous, humains qui avons tant détruit !!!

 

Il nous aura fallu à peine un petit siècle pour détruire notre belle planète. Oui, ne nous berçons plus d'illusions, nous allons laisser une terre en ruines à nos enfants et petits enfants...........

 

     L'espèce humaine est la seule sur cette planète qui détruit ce qui l'entoure par cupidité uniquement.

 

Bien sûr il faut manger me direz vous, mais les espèces animales vivant dans la nature aussi doivent manger et est-ce qu'elles détruisent leur milieu pour autant ? NON, mais nous nous en chargeons ...........

L'humain doué de réflexion ? Peut être bien, mais alors seulement pour ce besoin de toujours plus et encore plus .............et pas un ne pense que sa dernière chemise n'aura pas de poches !!!!

 

     Combien de fois ai-je admiré les requins nageant au milieu de bancs de poissons qui n'avaient aucune crainte parce qu'ils savaient le prédateur rassasié ! Oui, un requin sait s'arrêter quand il en a assez ...........l'humain en veut toujours plus.

 

      Vous avez lu plus haut qu'il y a urgence à changer notre façon de faire, chacun d'entre nous peut y participer, par exemple en apportant toutes les bombes insecticides que nous avons chez nous à la déchetterie de notre commune..........

 

      Ce n'est qu'une suggestion, mais ce sera un excellent début ...............

 

jlfritz

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le 4 février 2015 nos CHERS sénateurs ont rejeté le moratoire sur les néonicotinoïdes, ils n'avaitent sûrement pas eu le temps de lire l'argumentaire ci-dessous, réalisé par Francis Anschling.

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